Chapitre IX — Le lendemain 

Lui — Le réveil

 

Je me réveille avec elle partout.

Dans l’odeur des draps.

Dans le silence de l’appartement.

Dans le vide à côté de moi.

Je repense à la nuit.

Au moment où tout est allé trop vite.

À mon corps qui m’a trahi.

Et malgré ça…

Je me dis que c’était la chose la plus forte que j’ai vécue.

Je lui écris.

Je m’excuse presque.

 

Elle — Le message

 

Je lis son message.

Je souris.

Il est déjà dedans.

Complètement.

Je lui réponds que pour moi c’était bien.

Que c’était vraiment bien.

Et je mens.

Pas totalement.

Mais assez.

Parce qu’il faut qu’il reste accroché.

 

Elle — Ce que je pense vraiment

 

Physiquement…

Il n’est pas exactement ce que je cherche d’habitude.

J’ai toujours été attirée par des hommes très présents.

Très sûrs d’eux.

Très ancrés dans leur corps.

Des hommes qui imposent quelque chose sans parler.

Des hommes qui prennent toute la place.

Dans une pièce.

Dans un regard.

Dans un moment.

Et lui…

Il est plus fragile.

Plus nerveux.

Plus émotionnel.

Et pourtant…

Ça me touche autrement.

 

Elle — Le paradoxe

 

J’aime l’intensité.

La sensation d’être dépassée.

D’être prise dans quelque chose de plus grand que moi.

Et avec lui…

C’était différent.

Moins brut.

Plus chargé.

Plus dangereux émotionnellement.

Et ça m’a déstabilisée.

 

Elle — Ce que je ne dis pas

 

Et au fond…

Je me dis quelque chose que je ne dis à personne.

Je n’ai jamais connu quelque chose d’aussi fort émotionnellement.

Même si je sais que je dramatise.

Même si je sais que je me mens un peu.

Mais ce moment…

Il m’a traversée.

 

Elle — Le secret utile

 

Et puis…

Ça m’arrange.

Qu’il ne sache pas vraiment qui j’ai été.

Qu’il ne connaisse pas les détails.

Parce que tant qu’il me voit comme fragile…

Comme innocente…

Comme victime…

J’ai le contrôle.

Et je sais très bien faire ça.

 

Lui — Ce qu’il lit

 

Quand elle dit que c’était bien…

Je respire.

Je me dis que j’ai encore une chance.

 

Elle — La barrière

 

Je lui dis qu’on ne peut pas recommencer.

Que c’était merveilleux.

Mais que ça doit rester unique.

 

Lui — La peur

 

Je dis que je comprends.

Mais je ne comprends pas.

 

Elle — Le compagnon

 

Je lui dis que j’ai parlé de lui à mon compagnon.

Que j’ai dit qu’on s’était embrassés.

Que j’ai mis ça sur l’alcool.

Je sens qu’il se doute de quelque chose.

 

Elle — La règle

 

Je lui dis que je ne pourrai plus coucher avec lui.

Ni l’embrasser.

Que je ne peux pas être avec deux hommes.

Que je ne peux aimer qu’une seule personne.

Et je lui dis que je l’aime.

 

Elle — La vérité intérieure

 

Et au fond…

Je sais que ce n’est pas si simple.

J’ai toujours vécu avec plusieurs hommes autour de moi.

Toujours.

Mais lui…

Il ne sait pas.

Il croit que je suis prude.

Que je suis innocente.

Que j’ai été surtout blessée.

Et une partie de moi…

Aime qu’il le croit.

 

Lui — La chute douce

 

Quand elle dit qu’elle m’aime…

Je tombe.

Complètement.

Je lui dis que moi aussi.

Et pour moi…

C’est totalement vrai.

 

Elle — Après

 

Je pose le téléphone.

Je respire.

Je regarde le plafond.

Et je me demande…

Si un jour…

Je saurai faire autrement que comme ça.

Aimer sans jouer.

Rester sans fuir.

Vouloir quelqu’un sans en chercher un autre en secret.

Je me demande si c’est possible.

Ou si je suis faite pour vivre comme ça.

Toujours dans le début.

Jamais dans la suite.

Et puis une autre pensée arrive.

Plus lourde.

Plus vraie.

Je me demande si un jour…

Je saurai être moi.

Sans jouer la fille drôle.

Sans jouer celle qui séduit tout le monde.

Sans jouer celle qu’on attend.

Parce que la vérité…

C’est que je ne sais même pas ce que je suis vraiment.

Je sais juste ce que je ne suis pas.

Je ne suis pas prude.

Même si j’essaie de m’en convaincre.

Même si j’essaie de le croire.

Au fond…

Je suis probablement tout l’inverse.

Comme ma mère.

Et cette pensée me fait peur.

Mais je ne la chasse pas.

Pas complètement.

 

Les échos persistants de la vérité

Le lendemain matin ne ressemblait à aucun autre. L'air était lourd, saturé des non-dits et des révélations d'hier. Chaque recoin de la mémoire ramenait un fragment de la confrontation, une phrase assassine, un regard trahi. Le lit défait, les tasses de café posées sur la table basse, tout semblait porter le poids d'une histoire qui venait de basculer. Le silence, auparavant réconfortant, était désormais une prison. Comment avancer quand le sol s'est dérobé sous les pieds ? Ce chapitre explore la lente et douloureuse prise de conscience des personnages face à l'étendue de la manipulation qui les a tissés dans une toile mortelle.

Le poids des révélations

L'événement marquant de ce chapitre est la confrontation silencieuse et implacable avec les conséquences directes des actes et des paroles prononcées la veille. Il ne s'agit pas d'une nouvelle révélation spectaculaire, mais de l'assimilation brutale de celles déjà faites. La décision tacite, ou parfois exprimée à demi-mot, d'une direction irréversible est prise. C'est le moment où les illusions s'effritent complètement, laissant place à une réalité crue. Ce point de bascule est indispensable, car il ancre les personnages dans la nécessité d'affronter la vérité, qu'ils le veuillent ou non. C'est l'instant où l'on réalise que certaines choses ne peuvent être réparées.

Vers l'effondrement inévitable

Ce chapitre propulse l'intrigue vers son dénouement en solidifiant les bases de l'effondrement annoncé. Les personnages, confrontés à l'ampleur de la trahison et de la manipulation, commencent à esquisser des voies de réaction, qu'il s'agisse de fuite, de revanche ou de résignation. Les liens qui les unissaient se distendent de manière irréversible, chaque action passée prenant une nouvelle dimension de toxicité. Le lecteur perçoit clairement que le point de non-retour est franchi et que la descente vers le chaos final est inéluctable. Ce "lendemain" n'est pas une simple suite, mais l'accélérateur d'une chute annoncée, rendant chaque étape suivante plus lourde de conséquences.

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