Chapitre XV — La lettre qui attache
Elle — Le matin
Je lui écris dès le matin.
Une déclaration trop longue.
Trop intense.
Je lui écris que je l’aime.
Que je suis folle de lui.
Que j’aime son odeur.
Ses mains.
Sa voix.
Son corps.
Je lui écris que j’aime ses goûts.
Le gout de ses lèvres .
De son sexe.
De son foutre.
Sa façon de parler de musique.
Que je le trouve magnifique quand il parle de ce qu’il aime.
Que j’adore le regarder jouer de la guitare.
Que j’adore être sa passagère en voiture.
Le regarder conduire.
Que j’adore le regarder cuisiner.
Parler à ses chats.
Je lui écris que je suis folle d’amour pour lui.
Que ça devrait être interdit d’aimer autant.
Puis j’écris :
Mais tu dois commencer à te sevrer de moi.
Parce que je ne peux pas tout détruire.
Parce que j’ai construit quelque chose.
Je ne dis pas le reste.
Je ne dis pas que ma vie continue avec l’autre.
Je ne dis pas qu’il est en concurrence.
Et qu’il ne le sait pas.
Elle — Ce qu’elle pense
Comme ça…
Je peux le garder.
Au cas où.
Comme j’ai fait avec d’autres.
Lui — La lecture
Je lis tout.
Plusieurs fois.
Je suis submergé.
Je lui écris une déclaration encore plus forte.
Comme si ça pouvait nous sauver.
Elle — Les messages
Je lui écris :
Je dois supprimer nos messages.
Comme d’habitude.
Puis :
Mais celui-là je vais le garder.
Parce que des déclarations comme ça…
On n’en reçoit qu’une fois dans sa vie.
Le soir — L’appel
On s’appelle.
Au début c’est doux.
Puis ça casse.
Lui — La peur qui devient colère
« En fait…
Tu es matérialiste. »
Silence.
« Superficielle. »
« Tu es avec lui pour sa situation.
Pour le confort. »
« Et tu te sers de moi. »
Elle — La défense immédiate
« C’est faux. »
« Arrête de dire que je suis une menteuse. »
« Tu crois vraiment ça de moi ? »
« Tu crois pas que je t’ai déjà assez donné ? »
Lui — Le déclic
Je respire mal.
Puis je dis :
« Mais visiblement…
Je ne suis pas le seul. »
Silence.
« Vu ce que tu m’as raconté de ton passé… »
« Tu as bien profité. »
« Tu n’es pas si prude. »
« Pas si innocente. »
« Pas si victime que tu veux le faire croire. »
« Tu verras dans quelques mois , qui aura oublier et remplacer l’autre le plus vite »
Elle — La fermeture brutale
Silence long.
Puis :
« On arrête de se parler. »
« Ça sert à rien. »
« On se voit ce week-end. »
« Et on se dira au revoir. »
« Je suis désolée. »
« Tu ne réalises pas dans quelle situation je suis. »
Elle — Ce qu’elle pense vraiment
Il faut qu’il reste accroché.
Qu’il croie encore.
Parce que c’est comme ça que ça marche.
Lui — La chute lente
Je reste avec le téléphone dans la main.
Je sais que quelque chose vient de casser.
Mais je sais aussi…
Que je serai là ce week-end.
Même si ça doit me détruire.

Le poids des mots
Une vérité longtemps enfouie refait surface, scellée par l'encre sur le papier. Ce chapitre marque un tournant où les masques tombent, révélant la complexité des sentiments et la force des liens, qu'ils soient de confiance ou de contrainte. La surprise et une pointe d'amertume se mêlent à l'espoir fragile d'une compréhension nouvelle.

Un lien indélébile
Découvrez comment une simple lettre peut devenir une ancre, tirant les personnages vers un destin qu'ils n'avaient pas imaginé. Chaque phrase est tissée d'une tension palpable, et le lecteur est invité à ressentir l'impact profond de cette révélation sur les protagonistes. C'est l'instant où l'attachement prend un sens nouveau, plus sombre, plus profond.

Le début de la fin
Ce chapitre est une pièce maîtresse dans la toile complexe de "Chronique d'un effondrement annoncé". Il cristallise les manipulations et les mensonges, préparant le terrain pour l'effondrement final. Le lecteur est confronté à la fragilité des promesses et à la puissance destructrice des vérités cachées. "La lettre qui attache" est l'écho d'un point de non-retour.
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