Chapitre X — Comme si l’amour n’avait rien simplifié

LUI

 

Je savais qu’elle reviendrait.

Pour l’exposition.

Quand elle m’a demandé quand on pouvait préparer,

j’ai dit : viens déjeuner.

Simple.

Normal.

Alors oui, j’ai cuisiné.

La table est mise.

Cuisine propre.

Calme.

Quand elle sonne, mon cœur accélère.

Ouvre.

Souris.

— Salut.

Comme si on ne s’était pas dit qu’on s’aimait.

 

ELLE

 

Je savais qu’il cuisinerait.

C’est lui qui m’a proposé de venir déjeuner

quand j’ai parlé de l’exposition.

Je pensais qu’il m’embrasserait quand même.

J’en meurs d’envie.

Je ne le ferai pas.

Je veux voir s’il tient encore.

Même après qu’on se soit dit qu’on s’aime.

L’odeur est incroyable.

Je ne savais pas qu’il cuisinait aussi bien.

Ça me surprend.

Il fait tout bien.

Trop bien.

Il est peut-être parfait.

Et ça me fait peur.

 

LUI

On mange assis dans la cuisine.

Face à face.

Je parle musique.

Comme toujours.

Albums.

Concerts.

Souvenirs.

C’est fluide.

Comme si on reprenait une conversation vieille de dix ans.

 

ELLE

 

Il parle musique.

Je dis que j’aime tout.

Comme lui.

Oui, c’est mon jeu.

Oui, je m’adapte.

Mais quand il parle musique…

Il devient entier.

Habité.

Vivant.

Et je trouve ça magnifiquement beau.

Je pourrais l’écouter pendant des heures.

Il est vrai.

Il est pur.

Peut-être que lui…

Je ne dois pas le détruire.

 

LUI

 

On parle vinyles.

Voix.

Frissons.

Elle comprend tout.

Toujours.

Son pied touche ma jambe sous la table.

Ne bouge pas.

On s’aime.

Et pourtant on fait comme si c’était fragile.

 

ELLE

 

On s’est dit qu’on s’aimait.

Et je teste encore.

Toujours.

Mon pied contre sa jambe.

Il ne bouge pas.

Donc il sent tout.

Donc c’est encore là.

Il est peut-être parfait.

Et moi…

Je casse toujours ce qui est parfait.

Pas lui.

Pas lui cette fois.

Peut-être.

 

LUI

 

Salle d’expo.

Elle bouge.

Elle vit trop fort.

Je regarde trop.

Bière.

Respirer.

Appareil photo.

— Bouge pas.

Je veux garder ce moment.

 

ELLE

 

Il me regarde comme si j’étais rare.

Même maintenant.

Même après “je t’aime”.

Je devrais partir.

Je reste.

 

LUI

 

On traverse la rue.

La friperie en face du bar.

Elle entre avant moi.

Elle rit.

Touche tout.

Essaie tout.

Je pourrais rester là toute ma vie.

 

ELLE

 

Friperie en face du bar.

Je mets une veste trop grande.

Je me regarde.

Puis je le regarde lui.

Et ça sort tout seul.

— T’es tellement différent.

Il ne dit rien.

Alors je continue.

— Tu es vraiment beau.

— Tu es tellement classe.

— On dirait une rock star.

Je souris.

— Tellement vivant.

— Tellement imprévisible.

— Tellement parfait.

Je souffle.

— Contrairement à lui.

Silence.

— Lui il est strict.

— Adulte.

— Organisé.

— Ennuyeux comme la pluie.

Je le regarde droit.

— Avec toi… je me sens comme une adolescente.

 

LUI

 

Je ne sais pas quoi dire.

Alors je la regarde.

Comme si ça suffisait.

 

ELLE

 

Avec lui…

je pourrais tout recommencer.

Repartir à zéro.

Ne pas avoir fait tout ce que j’ai fait.

Ne pas avoir fait de mal.

Ne pas avoir eu tous ces hommes.

Juste lui.

Juste ça.

Mais je ne le dirai jamais.

 

ELLE

 

Je souris.

Comme si j’avais juste dit une phrase légère.

 

LUI

 

Chez moi.

Canapé.

Trop proche.

Dis quelque chose.

Non.

Elle me regarde.

Je sais.

 

ELLE

 

Je n’attends plus.

Je monte sur lui.

Comme si c’était écrit.

Comme si on n’avait jamais eu le choix.

Besoin.

Urgence.

Trop fort.

Trop vite.

On fait l’amour passionnément .

Comme si on essayait de tout ressentir en une fois.

 

LUI

 

Plus rien autour.

Juste elle.

Sa chaleur.

Sa respiration.

 

ELLE

 

Je veux disparaître dans ce moment.

Avec lui.

 

LUI

 

Après.

On reste sur le canapé.

Collés.

Mes bras autour d’elle.

Je pourrais rester comme ça toute la nuit.

 

ELLE

 

Les câlins durent longtemps.

Trop longtemps.

Je me sens en sécurité.

Et ça me fait peur.

 

LUI

 

Je ne parle pas.

On s’est déjà tout dit.

 

ELLE

 

S’il me retient, je reste.

Il ne dit rien.

Alors je reste encore un peu.

Puis je m’habille.

Lentement.

Dis quelque chose.

Non.

Je pars.

 

ELLE — DEHORS

 

Je détruis toujours ce que j’aime.

Mais est-ce que j’aime vraiment ?

Ou est-ce que c’est juste du désir ?

Comme à chaque fois ?

Est-ce que c’est juste ce besoin d’avoir une porte de sortie ?

Un endroit où exister ?

Un endroit où être désirée ?

Est-ce que j’ai juste besoin de ça pour me sentir vivante ?

Je ne sais pas.

Je ne sais jamais.

Au début tout est rose.

Puis je casse.

Toujours.

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