PARTIE II Chapitre I — Les fils invisibles

Lui — Lundi

 

Nouveau boulot.

Intérim.

On fait des cloisons en placo.

On pose les rails.

On visse les plaques.

On enduit.

On ponce.

On peint.

Travail propre.

Répétitif.

Presque rassurant.

Le gars avec qui je bosse est comme moi.

Même rythme.

Même exigence.

On rigole beaucoup.

Ça me fait du bien.

Mais entre deux plaques de placo…

Entre deux coups de rouleau…

Je pense à elle.

Toujours.

 

Lui — Les stories

 

Je poste des chansons en story.

Officiellement pour tout le monde.

En réalité…

Pour elle.

Je sais qu’elle regarde.

Et je sais qu’elle sait.

 

Elle — Lundi soir

 

Je vois ses stories.

Je sais qu’elles sont pour moi.

Et ça me touche.

C’est romantique.

Ridicule.

Dangereux.

Alors je lui envoie une chanson.

Candy — Iggy Pop

Ça me fait penser à toi.

 

Elle — Ce qu’elle ne dit pas

 

Cette chanson…

Un autre me l’avait envoyée il y a longtemps.

Je l’ai envoyé à plein d’autres hommes depuis.

Mais ce qui compte…

C’est l’effet maintenant.

 

Lui — La semaine

 

Je bosse.

Je ris.

Je fais semblant d’aller bien.

Mais je regarde mon téléphone tout le temps.

 

Elle — Le fil invisible

 

Je n’arrive pas à couper.

Le voir poster pour moi…

Ça me touche énormément.

 

Samedi — Le message

 

Tu me manques.

 

Puis :

 

J’ai envie de te voir.

 

Puis :

 

On va à un festival ce soir avec l’autre, sa fille et mes enfants.

 

 

Il y aura un ami à moi là-bas.

 

Lui — Le souvenir

 

Je demande qui.

Elle me répond.

Je me souviens de lui.

Je dis :

 

« Ah oui… je me souviens.

Très beau mec. »

 

Puis :

 

« Tu l’as connu comment déjà ? »

 

Elle — Le lâcher

 

« oui il est canon , je me le suis tapé »

Presque fièrement.

 

Lui — La fissure

 

Je pense :

 

Elle a connu énormément d’hommes…

Je ne comprends plus l’image de prude qu’elle m’a peut être inventé .

Pourquoi se ment t’elle ? Pourquoi me ment t’elle ?

Pourquoi elle n’assume rien puis me balance tout ?

 

Elle — La bande

 

« Si tu savais ce qu’on disait de moi à l’époque dans la bande… »

Je laisse planer.

"Tous les mecs parlaient de moi.

De mes talents au lit...

J’avais énormément de succès."

 

Elle — L’alibi

 

Cet "ami"…

Il me croit aveuglément.

Il est toujours complètement amoureux de moi.

Je me suis souvent servie de lui comme alibi.

Pour voir d’autres hommes.

Encore.

Encore.

 

Elle — La nuit

 

Cette soirée…

Cette nuit…

Je vais m’en servir comme alibi aussi.

Comme avant.

Je ne changerai décidément jamais.

 

L'ami— Ce qu’il croit

 

Elle m’a laissé entendre qu’elle allait quitter son compagnon .

Mais je ne sais pas…

Je ne sais pas qu'elle est comme à son d'habitude.

Qu'elle a déjà quelqu'un d'autre.

Qu’elle se sert de moi comme couverture.

 

Lui — Le parking

 

Viens me chercher sur le parking.

Je dis oui.

La forêt

On roule.

On s’arrête.

On se serre.

On s’embrasse longtemps.

On se dit qu’on s’est manqués.

On fait l'amour sur le siège passager.

 

La ville — Le passé

 

On marche dans sa ville d’enfance.

Elle s’arrête devant une maison.

 

Elle — La maison

 

« J’ai vécu ici… quand j’avais douze ans»

« Ma mère n’était jamais là le soir. »

« Avec mon frère, on avait peur. »

« On allait dormir chez le voisin d’en face. Un geek

« Il était beaucoup plus âgé. La trentaine quasiment »

« On fumait des joints ensemble »

"Un jour je lui dis que je l'aimais on s'est embrassé... C'est le premier avec qui j'ai couché »

 

Silence.

 

Dans ma tête :

 

C’est la première fois que j’ai compris

que dire je t’aime pouvait donner du pouvoir. Que le sexe était une arme.

Que ça pouvait faire rester quelqu’un.

Que ça pouvait protéger.

Que ça pouvait manipuler.

Ma mère me l'avait bien dit , elle s'en servait souvent de cette arme.

 Combien de fois je l'ai entendu voir même vu avec ses nombreux amants pendant l'acte ? Énormément de fois. 

Et déjà petite ça m'excitait. 

Elle me disait toujours :

 

"Les femmes sont belles parce qu'elles sont mystérieuses et expérimentées « 

 

Alors je l'ai fait le plus tôt que je pouvais avec le premier venu.

Et je n'ai plus jamais arrêté. 

Je me sentais enfin existé et vivante.

 

Lui — Le choc

 

Je suis bouleversé.

Je pense qu’elle a grandi trop vite.

Je veux la protéger encore plus.

Le retour

Je la ramène.

Elle rentre chez elle.

Comme si elle revenait d’un concert banal.

 

Lui — Dans la voiture

 

Je reste longtemps assis.

Je comprends que je suis déjà trop loin.

 

Elle — Derrière la porte

 

Je ferme.

Je pense :

Je recommence.

 

 

 

 

 

 

 

L'écheveau des destins

Chaque relation est un réseau de fils invisibles, certains solides, d'autres fragiles. Dans ce chapitre, nous explorons comment ces liens, forgés par la passion et les promesses, deviennent aussi des outils de manipulation. Les personnages se retrouvent pris dans une toile où chaque mouvement est observé, chaque parole analysée. C'est le début d'une danse dangereuse où le contrôle est la monnaie d'échange, et la vérité une illusion.

Les murmures sous la surface

Les apparences sont souvent trompeuses. Derrière les sourires et les gestes tendres se cachent des intentions plus sombres, des mensonges tissés avec soin. Ce chapitre met en lumière les non-dits, les peurs et les désirs cachés qui animent nos protagonistes. Découvrez comment la tromperie s'installe insidieusement, contaminant chaque interaction et poussant les personnages vers des chemins qu'ils n'avaient jamais imaginés. Le point de non-retour se profile à l'horizon.

Quand l'amour devient une prison

L'amour peut être une force libératrice, mais il peut aussi devenir une cage dorée lorsque les manipulations prennent le dessus. Dans « Les fils invisibles », les personnages réalisent que ce qui les unissait autrefois commence à les étouffer. Les promesses se brisent, les confiances s'effritent, et la beauté des débuts se mue en une douloureuse réalité. Ce chapitre est une exploration poignante de la façon dont les liens émotionnels peuvent se transformer en chaînes, préfigurant l'effondrement final.

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