Chapitre XII - La nuit ou ils tombent vraiment

Lui — Le retour

 

Je me gare très loin de chez moi.

Comme si je voulais que le moment dure plus longtemps.

Comme si je voulais qu’on marche.

Qu’on se regarde encore.

Je coupe le moteur.

On ne parle pas tout de suite.

Puis on descend.

On marche côte à côte.

Je la regarde marcher.

Sa démarche.

Sa façon d’habiter l’espace.

Je la trouve incroyablement belle.

Je me dis que c’est presque irréel qu’elle soit là.

Avec moi.

 

Elle — Lui

 

On marche.

Je sens son regard sur moi.

Je pense à lui.

Je le regarde à mon tour.

Je me dis qu’il est à la fois solide et fragile.

Sérieux et léger.

Tellement beau.

Tellement bien habillé.

Tellement… rassurant.

Et ça me trouble.

 

Lui — Devant la porte

 

On arrive devant chez moi.

Je cherche mes clés.

Mes mains tremblent un peu.

On entre.

Et dès que la porte se ferme…

Je la pousse doucement contre la porte.

Et je l’embrasse.

 

Elle — Le faux refus

 

Je ris contre ses lèvres.

« Non…

J’ai promis que ce serait platonique… »

Mais je ne bouge pas.

Au contraire.

Je me rapproche.

Parce que je sais déjà que c’est foutu.

 

Lui — Le basculement

 

Je sens qu’elle répond.

Que tout son corps dit oui.

Tout devient spontané.

Instinctif.

Je la retourne et lui fait l’amour debout contre la porte.

Elle aime ça.

Je le sens.

Et moi aussi.

 

Elle — Lui

 

Quand il est spontané.

Quand il prend le contrôle.

Je me sens vivante.

Je me laisse aller.

Sans réfléchir.

Comme si je savais déjà que j’allais tomber.

Je lui gémis :

 

"Tu m'excite trop putain !!!"

 

Lui — La musique

 

Plus tard.

La musique tourne.

Thiéfaine.

On sourit en même temps.

Puis Fleetwood Mac.

Et quand Everywhere commence…

On se regarde.

On ne dit rien.

Mais on sait.

Ça devient notre chanson.

 

Lui — La nuit

 

On passe la nuit ensemble.

Pour de vrai.

On parle.

On rit.

On fait des vidéos stupides.

On s’endort.

On se réveille.

On fait encore l’amour.

Je n’ai jamais ressenti ça.

 

Elle — Lui

Je lui parle de l'autre :

 

"Et puis tu sais, avec lui, tout est toujours sous contrôle. Toujours. Il a réponse à tout. Il gagne tellement d’argent qu’il pense que ça lui donne le droit de tout décider. Quand on se dispute, il finis toujours par dire que c’était lui l’homme, que c’edt lui qui paye, que je devais me taire."

 

Lui : Elle dit ça doucement. Avec ce mélange de honte et de défi. Je sens qu’elle attend quelque chose de moi. Que je prenne son parti.

 

Elle : "Il venait même travailler là où je travaille, le lundi. Parce que lui, il ne travaille pas le lundi.Alors il venait servir les repas avec nous. Comme ça. Juste pour être là.

Il envahissait mon espace.

— Et puis mon père…

Elle souffle.

— Mon père ne me calcule même pas quand il est là.

Elle marque une pause.

— Il ne parle qu’à lui.

— De sa voiture.

— De son boulot.

— De ses projets.

Elle sourit, mais c’est un sourire froid.

— Et un jour, il m’a dit…

Elle prend la voix de son père.

— « Toi, il faut que tu le gardes. »

Silence.

— « Il a du fric. »

Elle ajoute :

— « Il a une Tesla. »

Elle secoue la tête.

— Comme si c’était ça, le plus important.

Elle semble écœurée.

Blessée.

Mais dans sa tête, une autre phrase existe.

Mon père fantasme sur lui.

Sur ce qu’il a.

Sur ce qu’il représente.

Parce qu’il a tout ce que mon père n’aura jamais.

Et tout ce qu’il n’a jamais eu.

L’argent.

Le pouvoir.

La réussite.

Et par extension…

Ça lui plaît que moi, je sois là-dedans aussi.

Que moi aussi, j’aie accès à ça.

Que moi aussi, j’existe à ce niveau-là.

Elle relève les yeux vers moi.

— Ça me dégoûte.

Elle ment un peu.

Pas complètement.

Mais pas totalement non plus.

Parce qu’elle aussi…

Elle sait exactement

pourquoi elle est restée.

 

Lui : Je fronce les sourcils. Je trouve ça malsain. Intrusif. J’imagine ce type, partout, tout le temps. J’imagine ce qu’elle a dû supporter.

Elle : "Un jour, je lui ai raconté mon passé. "

Enfin… une partie. Ma version. Celle où j’avais surtout subi. Celle où j’avais été brisée.

 

Lui : Elle tremble un peu quand elle dit ça.

 

Elle : " Et Il m’a prise dans ses bras. Et il m’a dit "

— Bienvenue dans la normalité.

Lui : Cette phrase me percute. Je ne comprends pas.

Bienvenue dans la normalité ?

Comment on peut dire ça à quelqu’un qu’on aime ?

Elle :

Je mens un peu... Mais je lui dis parce que je pense qu'il peut comprendre qu'il est comme moi qu'il vient du même genre l'endroit et qu'il a les mêmes failles que moi... Ça j'en suis absolument certaine.

Je me suis dit qu’au moins, lui , il ne me jugera peut être pas.

Lui : Moi, je connais certains des hommes dont elle parle.

Celui qu’elle fréquentait quand elle avait quinze ans. Lui presque trente. Dealer. Grande gueule . Un peu macho. Prétentieux. Crado. Je n'ai jamais compris ce qu'elle a pu lui trouver aux autres non plus d'ailleurs.

Et d’autres encore. Des types dont la réputation n’a rien de normal.

Mais je crois que je la comprends.

Parce que je viens un peu du même monde qu'elle. 

 

Elle :

il a l'air de compatir pour moi d'avoir de la peine de me comprendre... même si je déforme la vérité...Je me dis que c’est plus simple comme ça.

S’il croit que je suis une victime… il restera.

Il voudra me sauver.

Comme les autres.

 

Lui : 

Et moi, je la regarde.

Et je sens cette colère contre cet homme.

Et cette envie, presque physique, de lui prouver qu’avec moi… ce sera différent.

Elle:

 

Je lui dis que je ne peux plus me passer de lui.

Que je n’ai jamais ressenti ça.

Et sur le moment…

Je crois que c’est vrai.

Il me dit la même chose.

Je lui dis qu’il me trouble plus que tout.

Qu’il me fait ressentir des choses que je ne comprends pas moi-même.

Et je le vois vaciller.

 

Elle — La décision

 

Je dis :

Il faut qu’on se voie plus souvent.

Je pense déjà à l’organisation.

Les enfants.

Leur père.

Les mardis soirs.

Et le plus possible.

Parce que je veux cette sensation.

Encore.

 

Lui — L’endormissement

 

On s’endort l’un contre l’autre.

Et pour la première fois depuis longtemps…

Je me sens entier.

 

Lui — Le lendemain

 

Quand je la ramène…

J’ai l’impression qu’on m’arrache quelque chose.

Comme un pansement qu’on enlève trop vite.

Mais je suis sur un nuage.

 

Elle — Le doute

 

Moi aussi je suis sur un nuage.

Mais une petite voix revient.

Est-ce que cette fois j’aime vraiment ?

Ou est-ce que je joue encore un rôle ?

 

Elle — La vérité qu’elle n’avoue pas

 

J’ai passé la nuit à lui dire qu’on était pareils.

Que j’aimais tout ce qu’il aimait.

Que j’étais comme lui.

Je l’ai soigné.

Je l’ai écouté parler de sa mère.

De son enfance.

Et ça ressemblait tellement à la mienne.

Alors j’ai dit ce qu’il fallait dire.

Même si je ne le pensais pas toujours.

Mais avec lui…

Le désir devient plus fort.

Plus intéressant.

Plus intense.

Et ça me fait peur.

Parce que je sens que je pourrais rester.

Et je n’ai jamais su rester.

L'instant de vérité

L'atmosphère de ce chapitre est lourde de révélations et de désillusions. Chaque mot, chaque silence pèse de tout son poids, créant une tension palpable qui ne laissera aucun lecteur indifférent. Ressentez l'écho des cœurs qui s'éloignent et des promesses brisées.

Un tournant irréversible

Ce chapitre n'est pas seulement un moment clé, c'est le point de non-retour pour nos personnages. Les choix faits et les paroles prononcées cette nuit-là dessinent un avenir que personne n'aurait pu anticiper. C'est ici que l'histoire prend une tournure décisive, un chemin dont il n'y a pas de retour.

Et après la chute ?

Après la lecture de ce chapitre, nous espérons que vous ressentirez le choc, la tristesse et la complexité des émotions de nos protagonistes. Qu'il vous pousse à réfléchir aux conséquences des actes et à désirer ardemment découvrir comment ils tenteront de se reconstruire, ou s'ils le pourront seulement. Le voyage ne fait que commencer.

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