Chapitre IV - Les choses qui semblent enfin tenir debout


Lui — Le travail



Placoplâtre.
Peinture.
Poussière blanche sur les mains.
Le mec pour qui je bosse en intérim, me propose de me prendre comme sous-traitant comme je suis autant entrepreneur. 

J'accepte.

Chantier au centre-ville. 

Tout se passe bien. 

Je me sens enfin stable et heureux sur tout les plans.


Elle — Ce qu’elle lui dit


Je lui dis que je suis super heureuse pour lui.
Que ça va tout changer.


Elle — Ce qu’elle pense


Il va gagner beaucoup mieux sa vie.
Et ça…
C’est rassurant.
Très intéressant... Pour m'assurer un avenir stable sans rien faire encore une fois.


Elle — Leur quotidien


On s’écrit tout le temps.
Photos.
Messages.
Montages IA.
Nous deux en couple dans d’autres époques.

Comme si notre couple avait toujours existé à travers le temps. Comme deux âmes sœurs qui se retrouvent toujours.
Il m’envoie des vidéos Snap absurdes.

Il crée des personnages , modifie sa voix.
Je ris vraiment.
Je lui dis qu’il devrait être comédien.


Elle — Ce qu’elle voit chez lui


Il est drôle.
Créatif.
Instinctif.
Un artiste.
Un vrai.
Mes dessins paraissent enfantins à côté.
Il a plein d’idées tout le temps.
Il ne tient pas en place.
Il est spontané.
J’adore ça.


Parfois je me dis qu’il a l’air sous drogue.
Je sais qu’à l’époque il prenait de la cocaïne.
Je lui demande parfois.
Il dit :


— Non.
— Je suis juste heureux.
— Je suis clean depuis très longtemps.
— C’est toi ma drogue.


Et ça me traverse.


Je me dis :
Je l’aime.
Je l’aime.
Je l’aime peut-être vraiment. 


Elle — L’origine 

J’ai un problème avec l’enfance. Je crois que ça se voit dans mes tableaux très enfantins.

J’ai travaillé avec des enfants. Je me sens bien à leur contact .

Des fois je me sens comme, une enfant perdu.

J'ai fait ce travail avant de devenir artiste à plein temps.

 

Mon ex-compagnon paie tout.

 

La maison.

 

Le prêt.

 

La nourriture.

 

Le confort.

 

Un confort que je n’avais jamais connu. Alors j'ai pu me permettre de ne pas vraiment travailler.

Et puis ça n'avait pas l'air d'un travail ce boulot avec les enfants. Je déteste travailler

À la base j'avais une formation de vente.

Le truc qu'on fait faire à tous ceux qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire de leur avenir.

Je détestais ça .

Je détestais toutes les femmes qui venaient dans les boutiques de vêtements où je travaillais.

Et puis il y avait trop d'hommes qui venait aussi , trop de tentation.

Alors non je ne veux pas travailler.

C'est pour ça qu'il me faut un homme pour m'entretenir. Pour remplir mon vide financier et mon vide intérieur avec du sexe.

Et mon ex-compagnon payé tout, et il continue malgré le fait qu'on soit plus ensemble.

La maison.

Le prêt.

La nourriture.

Tout ce qu'il faut pour les enfants. 

Les mutuelles , les soins médicaux. 

Les fringues que je veux , des trucs de marque, des billets de concert.

Le confort.

Un confort que je n’avais jamais connu

 

Parfois je repense à mon enfance.

Une enfance compliquée.


Baladée de relation en relation.
Une mère qui vivait au jour le jour.

Alcoolique. Salope tarée.
Des hommes.
Beaucoup d’hommes.
Un père violent.
Absent.
Drogué.
Une maison jamais vraiment stable.
Et moi…
Devenue femme beaucoup trop tôt.
Et j’ai aimé ça.
Et je continue.
Parfois je joue encore l’enfant.
Mais souvent…
C’est du jeu.
Pour attendrir.
Pour séduire.
Pour désarmer.

Pour faire la fausse naïve qu'on veut protéger. 

Lui aussi a eu une enfance compliquée. 

Son père était souvent absent et travaillait beaucoup et il fumait énormément de joints .

Il a commencé à être proche de son père à l'adolescence quand il a pu commencer à travailler .

Il a commencé très jeune pendant les mercredis , les samedi , les vacances scolaires pour pouvoir se payer une guitare parce que chez lui... Quand on veut quelque chose on travaille. 

Et puis son père lui a fait découvrir la musique , la littérature , la bande dessinée. 

Il a une connexion impressionnante de vinyy et de bouquins.

Quand il a commencé la guitare il venait tous les soirs se mettre sur le canapé à côté de son père dans sa chambre lui jouer quelques trucs à la guitare ils écoutaient de la musique et ils lisaient l'un à côté de l'autre. 

Mais ils ont eu des rapports très difficiles pendant très longtemps malgré tout ça. 

Tu es un parasite lui disait son père... À l'époque où il se droguait.

 

Et il le trouvait beaucoup trop sensible , trop rêveur.

 

Sa mère ne l'aime pas. 

Elle lui disait toujours qu'il était un préservatif qui avait pété.

Elle l'engueulait sans arrêt et le frapper.

Elle s'est mise avec son père juste pour fuir sa famille...

Elle a couché avec plusieurs de ses potes qui était plus âgé et majeur quand il était ado , certains ont même été hébergé chez lui et beaucoup d'autres hommes de l'entourage de son père.

Et puis un jour elle est partie.

Soulagement pour lui.

Ça me ressemble étrangement. 

Il m'a raconté aussi ses problèmes à l'école.

Il était martyrisé et harcelé. 

Il était complètement déconnecté des cours toujours dans la lune comme s'il avait une autre méthode d'apprentissage que tout le monde. 

Un peu autiste sur les bords peut-être.

Qu'il avait été victime d'abus sexuel au collège parce que ses camarade de classe ont toujours pensé qu'il était gay alors ils ont voulu vérifier. 

À cause de ça il a longtemps pensé qu'il était vraiment gay. Il a eu beaucoup de problèmes pour aborder les filles jusqu'à sa vingtaine.

Moi aussi j'étais martyrisé et harcelé à l'école on croyait que j'étais lesbienne. C'est peut-être pour ça que j'ai couché avec tous les hommes que j'ai croisé. Pour prouver le contraire. 

Lui aussi a couché avec énormément de femmes mais il n'en est pas fier. C'est un romantique.

Et je suis morte de jalousie à chaque fois qu'il me parle de son passé amoureux ou sexuel. 

Pourtant j'ai fait bien pire. Pourtant moi aussi je lui raconte dans le but de le rendre jaloux voir s'il est vraiment accroché à moi ou pas. J'ai toujours fait ça avec tous les hommes. Je crois que ça me plaît de les faire souffrir.

 

 

 


Lui — Le week-end


Je cuisine.
Je veux qu’elle aime.
Je veux qu’elle se sente bien ici.


Elle — Le souvenir 


Sa cuisine est trop bonne.
Je n’ai jamais mangé une cuisine végétarienne aussi bonne.
Et ça me ramène à lui.
Mon mari.
L’époque où j’étais végétarienne.
Je ne l’étais pas pour moi.
Je l’étais pour lui.

Pour l'attirer le séduire.
Pour qu’il m’aime.
Pour être la femme parfaite.

Du moins en apparence.


Elle — Le passé


Il était différent.
Timide.
Élevé dans une famille bizarre.

Un genre de secte hippie.
Je l’ai approché doucement.
Pendant des années.

Comme je l'ai fait avec plusieurs autres.

Faire naître le désir pendant des années jusqu'à que ce soit intenable pour eux. Et au moment où je dis oui ils donnent le meilleur de même au lit et dans la vie.


Elle — La grossesse


Quand je suis tombée enceinte…

Par hasard... De je ne sais même pas qui. 

Il y avait beaucoup trop d'hommes. 


Je couchais sans protection. Toujours.
Je disais être allergique au latex.
Juste dans l'espoir que ça arrive. 

Et puis on ne va pas se mentir j'aime sentir un homme venir en moi. Ça m'excite tellement. 

Mais je voulais partir de chez moi.Être indépendante.

Mais aussi trouver un homme qui s’occuperait de moi.

Financièrement.

Et pour ça il fallait qu'un homme , n'importe lequel , me mette enceinte.


Elle — Le choix

Et lui. Mon ex-mari.
Il pouvait porter l’histoire.

Il avait une maison à lui. 

De l'argent.

Il avait un travail de chauffeur routier. 

Je partais avec lui en camion. 

J'ai joué comme toujours le jeu de la grande passion. 

Que je ne peux pas me passer de lui , que je dois être tout le temps avec lui.

Mais il fallait coucher avec lui pour que le fait qu'il soit le père se crédible et lui il se prenait pour un prêtre du soleil qui ne pouvait pas se souiller avec le sexe mais j'ai quand même réussi et il a cru que l'enfant était de lui.

La plupart des gens autours avec ce n'était pas le cas mais lui il l'a cru. 


Je suis devenue ce qu’il voulait.

Pour qu'il soit fou amoureux et qu'il ne doute de rien.


Puis je l’ai trompé.
Avec ses amis.
Mes ex.
Des inconnus.

C'était facile il n'était jamais là et on vivait dans une maison reculée dans la forêt , personne ne pouvait rien savoir.


Elle — La chute


Un jour il m’a mise dehors.
Quand il a compris.

Quand après qu'il ait fait une dépression je l'ai poussé à bout en véritable tyran domestique et que je lui ai balancer mes infidélités au visage.

Même quand j'étais enceinte de notre fille. Qui peut-être n'est même pas de lui non plus.


Mon excuse :


Il ne m’aimait pas vraiment.

Il n'était jamais là.


Mais la vérité…
C’était moi qui n'était pas là. 

C'est moi qui n'aime jamais vraiment. 

Parce que quand on fait ce que je fais... C'est qu'on n'aime pas.


Elle — Aujourd’hui


Parfois je raconte ça presque fièrement.

En disant que je l'ai tellement détruit qu'il n'aura plus jamais de relation avec une femme.

J'aime ça être la dernière. Être la seule. 

Ce n'est pas le seul que j'ai mis dans cet état , des fois j'ai honte. 

Mais dans ces moments-là je range ma honte dans une petite boîte , je bois , et je n'y pense plus. 


Puis je dis l’inverse.

Je dis que j'ai de la peine de l'avoir trompé.
Ou je raconte carrément que c'est faux que je ne l'ai jamais trompé.

Que j'ai été anéanti par mon divorce, que je n'ai pas eu de relation pendant des années après.

Ce qu'il faut je n'ai jamais arrêté d'avoir des hommes, je n'ai jamais pu m'empêcher d'essayer d'en avoir.


Lui — Aujourd’hui


Je la regarde.
Je crois que je suis différent de tous les autres hommes qu'elle a connu et que ça va marcher. 

J'ai envie de la sauver. De me sauver en étant avec elle.
Et j’y crois vraiment.

L'équilibre fragile d'une illusion

Dans ce chapitre, les personnages principaux semblent enfin trouver un terrain d'entente, une harmonie après les turbulences initiales. Les gestes tendres, les promesses chuchotées et les projets d'avenir se multiplient, créant une bulle de bonheur qui paraît incassable. Mais sous cette surface lisse, les silences en disent long et les non-dits pèsent lourd. Explorez comment cette période de stabilité apparente est, en réalité, le théâtre de subtiles manipulations et de vérités déguisées, où chaque pas en avant pourrait être un pas de plus vers l'abîme.

Les murmures avant la tempête

C'est au cœur de cette quiétude trompeuse que les signes avant-coureurs de la destruction future commencent à se manifester. Des doutes persistants, des contradictions flagrantes et des comportements énigmatiques tissent une toile de fond de méfiance invisible. L'apparente solidité de leur relation repose sur des fondations fragiles, érodées par des secrets et des mensonges habilement dissimulés. Chaque interaction, chaque sourire, est imprégné d'une tension latente, suggérant que ce calme n'est qu'une brève pause avant le tumulte inévitable. Comment ces murmures préfigurent-ils le grand effondrement annoncé ?

Quand la vérité frappe à la porte

Alors que ce chapitre dépeint un tableau de sérénité factice, il jette également les bases des révélations futures. Les actions des personnages, bien qu'elles semblent anodines, mettent en place des dominos qui tomberont un à un dans les chapitres suivants. La quiétude actuelle n'est qu'un prélude, un moment suspendu avant que les masques ne tombent et que la réalité brutale ne se révèle. Quel événement, quelle phrase clé ou quelle découverte inattendue viendra briser cette harmonie artificielle et propulser l'histoire vers son point de non-retour ? Plongez dans les pages de "Les choses qui semblent enfin tenir debout" et préparez-vous à ce qui s'annonce, car le prochain chapitre promet de faire voler en éclats cette fragile construction.