Chapitre XII - Les promesses différées
Lui
Toute la semaine, on se parle comme si tout était redevenu normal.
Comme si la chute n’avait été qu’un accident.
Elle me dit qu’elle cherche un travail.
Qu’elle a posté des annonces.
Qu’elle regarde aussi les publications pour trouver un appartement.
Je lui répond que maintenant que j’ai un CDI, tout est différent.
Que c’est stable.
Que c’est sérieux.
Que si elle veut…
on peut prendre un appartement ensemble.
Je le dis simplement.
Sans pression.
Comme une évidence.
Elle répond :
— On va prendre notre temps cette fois.
Je prends ça pour de la maturité.
Pas pour de la fuite.
Je crois qu’on construit.
Elle
Je dis que je cherche.
Un travail.
Je publie des annonces sur des sites de recherche d'appartements.
Pour que ce soit crédible.
Pour que ce soit cohérent avec ce que je lui raconte.
Chez moi, rien n’a changé.
Je vis toujours au même endroit.
Je couche encore avec l’autre.
Je parle avec d’autres.
Je couche même avec eux des fois en douce.
Mais lui…
Lui c’est différent.
Il est plus présent que les autres.
Plus attentif.
Plus fragile aussi.
Il me regarde comme si j’étais la seule femme au monde.
Et ça…
ça me fait exister.
Je ne sais pas si je l’aime.
Je crois que j’aime ce qu’il me donne.
Sa foi en moi.
Sa façon de croire.
Sa façon de rester.
Je ne sais pas si c’est de l’amour.
Je crois que c’est du pouvoir.
Et j’aime ça.
Lui
Le jeudi soir, je suis épuisé.
— Je ne vais pas me coucher trop tard.
Elle répond :
— Ne t’inquiète pas. Je couche les enfants et je suis à toi. Comme ça tu n’iras pas trop tard au lit.
Je souris.
Je l’attends.
Une heure.
Une heure et demie.
Rien.
Alors j’écris :
— Je vais me coucher. Je suis crevé.
Une heure plus tard, elle répond :
— Désolée… en descendant après avoir couché les enfants, je suis tombée sur lui… il a voulu qu’on boive un verre.
La colère monte immédiatement.
— Je suis ravi d’apprendre que boire avec ton ex passe avant me dire bonne nuit. Juste un message. Bonne nuit. C’est tout.
Elle m’envoie un vocal.
Sa voix est lente.
Épaisse.
Ivre.
— J’ai pas à me justifier…
Je ferme les yeux.
- Tu te rappelles l’autre jour ? Je me suis endormi devant un film et tu m’as fait une scène pas possible. Tu m’imaginais avec je ne sais qui. Alors que j’avais juste trop mangé, que j’étais fatigué, que j’avais mis le chauffage trop fort… Je t’ai même envoyé une photo avec les cheveux en pétard, en train de transpirer à cause de la chaleur…
On avait dit qu’on changerait ça.
Maintenant tu continues les scènes.
Tu as le droit. Pas moi.
— Je ne te demande pas de te justifier. Juste… on avait dit qu’on essaierait. Et là il passe avant moi.
Elle ne répond pas.
Alors je dis :
— Si c’est comme ça, ne viens pas pour mon anniversaire. Ça ne sert à rien de faire des efforts quand tu es avec moi et pas en dehors de nos moments ensemble.
Et j’éteins mon téléphone.
Elle
Le lendemain matin, j’ai la tête lourde.
Je lui écris :
— Je me suis réveillée en retard. J’avais trop bu. J’allais pas bien. J’avais besoin de parler.
Il répond :
— Mais c’est avec moi que tu es, non ? Pourquoi tu ne me parles pas à moi ?
Je souris tristement.
Je tape :
— Mais non. Tu n’es pas en concurrence. C’est toi que j’aime, voyons.
C’est la bonne phrase.
La phrase qui calme.
Je continue :
— Je dois aller au contrôle technique. Mon ex-mari garde les enfants. J’ai des crises d’angoisse.
Je peux venir après.
Tu es mon anxiolytique.
Tu me manques.
Je vais me faire pardonner.
Lui
Mon cœur repart immédiatement.
Elle vient.
Elle choisit encore.
Je le savais.
Je le savais.
Elle
Avant de partir, je change ma photo de profil sur Facebook.
Je suis dans la voiture.
Je souris.
Je lui envoie une vidéo.
Je sais ce que ça lui fait.
Je sais exactement.
Lui
Je regarde sa photo.
Encore.
Et puis je vois.
Les nouveaux noms.
Les nouveaux cœurs.
Des hommes.
Qui regardent.
Qui attendent.
Qui espèrent.
Je sens le doute revenir.
Je pourrais lui demander.
Mais je ne dis rien.
Parce que j’ai peur.
Pas de la vérité.
Mais de la perdre encore.

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