Chapitre IX - Le mot de trop 

Lui

 

On fait la grasse matinée.

Les travaux dans la rue commencent tôt.

L’immeuble tremble.

On reste longtemps nus dans le lit, à moitié éveillés, à moitié collés.

Je voudrais figer ça.

 

Elle

 

Les murs vibrent.

On ne parle presque pas.

C’est étrange comme le silence avec lui peut être confortable.

Il descend faire une petite course.

Je viens avec lui.

J’achète des feutres.

Du papier épais.

J’ai envie de dessiner.

 

Lui

 

L’après-midi est douce.

Je joue de la guitare.

Elle dessine.

Elle me filme sans que je m’en rende compte.

Elle a ce regard concentré, presque tendre.

Je me dis que la crise d’hier était juste une turbulence normale.

Les relations ne sont pas des lignes droites.

On a tous les deux un passé.

C’est normal.

 

Elle

 

Je pourrais rester des heures comme ça.

Sans parler.

Sans jouer.

Juste le regarder.

Mais je suis encore perdue.

Est-ce que c’est vraiment de l’amour ?

Ou est-ce que je suis simplement incapable d’être seule ?

Est-ce que je l’ai choisi lui ?

Ou est-ce que j’ai juste choisi de ne pas me retrouver vide ?

Je ne sais pas.

 

Lui

 

Le soir, on parle d’enfants.

On se prend au jeu.

Je dis que si j’ai une fille, j’aimerais lui donner le prénom de ma grand-mère.

Si j’ai un fils, celui de mon parrain.

Elle sourit.

Puis elle hésite.

Elle

Le prénom du garçon…

C’est celui du fils d’un ancien ami commun.

Je ne le vois plus depuis mon divorce.

C’était un proche de mon mari.

Je ne dis pas que j’ai monté la tête de mon mari contre lui.

Je ne dis pas que j’ai écarté beaucoup de monde.

De son côté. 

Pas du mien.

Je raconte autre chose.

Je raconte que j’ai couché avec lui.

Que c’était incroyable.

Qu'il a un sexe énorme. 

Que je l’ai senti profondément.

Je vois son regard se troubler.

 

Lui

 

Je suis choqué.

 

— Mais tu disais que c’était comme un grand frère pour toi…et tu as quand même couché avec lui.

Elle hausse les épaules.

Je ne comprends plus.

 

Elle

 

La vérité ?

Je n’ai jamais couché avec lui.

Il n’est même pas attiré par les femmes comme moi.

Il aime les femmes rondes. 

Mais j'aurais bien voulu parce que oui il a un sexe énorme et que j'adore ça.

Je dis ça pour le rendre jaloux.

Je sais que c’est malsain.

Mais j’ai besoin qu’il tremble un peu.

Je rajoute :

— Tu te rends compte, s’il apprend qu’on est ensemble ? À l’époque, tu traînais avec lui. Vous preniez de l'héroïne ensemble. Tu n’étais pas très fréquentable. Tout le monde va se demander ce que je fais avec toi.

Je vois que ça le blesse.

 

Lui

 

Ça me coupe.

Je sens une humiliation sourde.

Comme si elle venait de me rabaisser devant un tribunal invisible.

 

Elle

 

Ce que je ne lui dis pas :

Cet homme-là sait tout.

Il connaît mes histoires.

Mes amants.

Ce que j’ai fait à mon mari.

Ce que j’ai fait enceinte.

Si jamais il apprend que je suis avec lui, il parlera.

Il dira tout.

Et il me verra autrement.

Je ne veux pas ça.

Je ne sais pas si c’est parce que je l’aime.

Ou parce que je veux garder le contrôle.

 

Lui

 

Plus tard, au lit, elle est plus intense que d’habitude.

Plus conquérante.

Plus affirmée.

Elle murmure des choses qui me troublent au moment où je la pénètre

"Si tu savais ce que ça fait de se prendre une bite "

 

"Quoi ? La mienne ?"

 

Puis une phrase.

 

Une phrase qui tombe comme un coup de lame.

 

"Non toutes ! Je les veux toutes ! J'aime trop la queue !" 

 

Je ne sais même pas si elle se rend compte de ce qu’elle dit.

Ça me glace.

Je sens qu’elle dépasse la limite.

 

Elle

 

Je me rends compte trop tard.

Je me rattrape.

Je change d’énergie.

Je le pousse à prouver.

Je veux qu’il efface le malaise.

Il insiste, cherche à bien faire.

 

Alors il m'attache au lit. 

J'adore ça. 

Quand c'est violent, intense, que je suis dominé. 

Il se sert d'un vibromasseur et commence à me lécher.

Je dis que je n’aime pas ça.

Que ça ne me fait rien.

 

Je parle d’un ancien homme.

Qui voulait toujours me faire ça presque de force.

Que j'ai partagé avec ma meilleure amie c'est comme ça que je l'ai connu d'ailleurs elle sortait avec lui et j'étais sa maîtresse j'avais 14 ans ils étaient majeurs tous les deux. 

On a toutes les deux garder cet homme longtemps comme amant, il m'a beaucoup manipulé... C'est le seul qui a réussi d'ailleurs. 

Je raconte qu'après mon divorce je l'ai revu qu'il m'a violé que je suis tombé enceinte que j'ai dû avorter. 

 

Mais ce n'est pas vrai c'est moi qui l'ai cherché c'est moi qui ai provoqué l'acte sexuel je voulais qu'il m'entretienne moi et les enfants mais il me connaît alors il a refusé alors j'ai inventé cette histoire au risque de lui attirer des problèmes.

 

Je mélange vérité et mensonge.

Je vois son regard se troubler.

Il veut réparer quelque chose qu’il n’a pas cassé.

 

Finalement le cunnilingus n'est pas désagréable il arrive même à me faire jouir... Le vibromasseur est énorme , comme j'aime.

 

La vérité ?

 

Je n’aime pas attendre.

Je n’aime pas tourner autour.

Je veux être remplie.

Je veux sentir que j’existe.

C’est plus simple comme ça.

Mais je ne le dis pas.

 

Lui

 

Je fais tout pour que ça redevienne intense.

Je veux qu’elle oublie ce qu’elle a dit.

Je veux oublier ce qu’elle a dit.

On s’épuise.

On se serre.

On s’endort.

Mais je ne dors pas vraiment.

Quelque chose s’est déplacé.

Une phrase.

Une faille.

Une vérité peut-être.

Je ne sais plus si je suis en train de l’aimer.

Ou en train de m’accrocher à une illusion.

L'écho amer des vérités révélées

Parfois, le silence est d'or, et la parole est d'argent... empoisonné. Ce chapitre explore le poids des aveux et des accusations qui, une fois lâchés, ne peuvent jamais être repris. Comment les personnages réagiront-ils face à cette onde de choc verbale ? Leurs masques tomberont, révélant la vulnérabilité et la noirceur enfouies qui conduisent à l'effondrement de leur relation.

Quand la confiance se brise en mille éclats

Le « mot de trop » agit comme un miroir brisé, reflétant la trahison, le mensonge et la manipulation qui rongeaient la relation de l'intérieur. Cette section vous fera ressentir la douleur de la désillusion et la difficulté de reconstruire après qu'un lien si précieux a été fracturé par une révélation déchirante. C'est un moment clé dans la progression vers l'effondrement final de l'amour.

Vers l'effondrement inéluctable

Chaque mot a son poids, et celui-ci pourrait bien être celui qui scelle le destin. Ce chapitre est un tournant décisif, marquant le début de la fin pour nos personnages. Il met en lumière comment des paroles impulsives peuvent catalyser l'effondrement annoncé, rendant tout retour en arrière impossible. Une étape cruciale dans la "Chronique d'un effondrement annoncé", où l'amour cède la place à la désintégration.

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