Chapitre XIII — La nuit suspendue

Lui

 

Depuis qu’elle est partie après cette semaine chez moi, quelque chose s’est fêlé.

On s’écrit. On se répond. Mais ça sonne creux.

Je repense au week-end.

À ses rires.

À ses bras autour de mon cou.

À la façon dont elle me regardait comme si j’étais le centre du monde.

Je me demande si ça lui a plu autant qu’à moi.

Si elle a senti cette évidence.

Ou si, déjà, elle préparait autre chose.

 

Le vendredi soir, elle m’écrit qu’elle est chez sa meilleure amie pour quelques jours.

Elle me parle de notre crise.

Elle dit qu’elle en a discuté là-bas.

 

Elle

 

J’ai parlé de sa jalousie.

Ma meilleure amie a dit que c’était déplacé.

Puis je lui ai raconté ce que moi j’avais fait — mes crises, mes soupçons absurdes — et elle a fini par admettre que oui… on était tous les deux excessifs.

 

Elle connaît cet ami.

C’est aussi un de ses ex.

Dans notre cercle, on a tous été mêlés.

On a partagé des corps, des secrets, des nuits.

Ça ne choque plus personne.

Chez nous, c’est normal.

Chez lui, ça ne l’est pas.

Il ne comprend pas ce monde-là.

 

Le soir, j’ai bu un peu.

Trop peut-être.

Je lui écris qu’il me manque.

Que j’ai envie de lui.

Que je suis désolée.

Et il prend la route.

 

Lui

 

Je roule dans la nuit sans réfléchir.

Comme si c’était évident.

Comme si c’était la seule chose à faire.

Chez sa meilleure amie, l’ambiance est étrange mais chaleureuse.

Je parle musique avec le compagnon.

On rigole.

On boit.

Je me sens presque à ma place.

Puis la maison s’endort.

 

Elle

 

Il fait chaud sur la mezzanine.

La nuit est lourde.

On est nus sous le toit.

On chuchote.

On rit nerveusement.

J'ai envie de lui, terriblement. 

Mais nous n'avons pas de préservatif.

Je sais que c’est risqué.

Je sais que c’est imprudent.

Et ça m’électrise.

Je veux qu’il me choisisse encore.

Je veux sentir qu’il me veut plus que tout.

Je veux que ce soit fort.

Trop fort.

Je veux le sentir jouir en moi. 

 

Il hésite.

 

Je l’entraîne.

 

Le désir prend toute la place.

La chaleur, la proximité, la peur d’être entendus.

Je lui murmure de faire attention.

De ne pas faire de bruit.

Et en même temps je le pousse à ne pas s’arrêter.

 

Je me sens vivante.

Totalement vivante.

Je jouis plusieurs fois. 

J'étouffe mes gémissements en mordant dans l'oreiller. 

Je le sens qui jouit en moi .

J'adore ça .

J'ai l'impression d'être entièrement à lui et qu'il est entièrement à moi.

 

Lui

 

C’est fiévreux.

Intense.

Je la sens perdue et décidée à la fois.

Comme si elle voulait se prouver quelque chose.

Comme si elle testait une limite invisible.

On fait l'amour plusieurs fois pendant la nuit .

Je jouis en elle.

Dans son sexe .

Dans sa bouche .

Sur son cul. 

 

On s’endort au petit matin, épuisés.

 

Les enfants sont heureux de me voir.

Ils me sautent dans les bras.

Je me surprends à penser que je pourrais m’habituer à ça.

À cette scène.

À cette famille.

Je repars plus tard.

 

Elle

 

Je lui envoie des messages d’amour toute la journée.

Je lui dis que c’était fou.

Que c’était risqué.

Qu’il faudra faire attention.

Je me dis que je l’aime vraiment.

Que cette nuit n’était pas un jeu.

Que c’était différent.

 

Mais au fond…

 

Je ne sais plus distinguer le désir de l’amour.

Je ne sais plus si je le veux lui

ou si je veux simplement cette sensation d’être désirée à en perdre le souffle.

Tout était parfait.

Trop parfait.

L'écho des silences

Chaque silence porte son poids, chaque regard non échangé révèle une vérité amère. Dans 'La nuit suspendue', les protagonistes sont confrontés à l'ampleur de leurs choix, tandis que l'ombre de la manipulation plane, transformant les confidences en pièges subtils. Une lecture immersive pour comprendre les rouages complexes de leur histoire d'amour et de mensonges.

Quand le destin retient son souffle

Ce chapitre marque un point de bascule émotionnel. Les masques commencent à tomber, ou du moins, se fissurent, laissant entrevoir les vulnérabilités et les intentions réelles. Une immersion profonde dans les psychologies complexes, où l'amour et la destruction dansent une valse dangereuse, menant inéluctablement vers l'effondrement.

La fragilité des promesses

La 'nuit suspendue' est un interlude avant la tempête, un moment de répit trompeur où chaque mot et chaque geste sont chargés de conséquences. Les promesses murmurées sont-elles sincères, ou ne sont-elles que d'autres fils dans la toile de l'effondrement annoncé ? Un chapitre essentiel pour anticiper la suite des tromperies et de la manipulation.

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