Chapitre VII — La semaine promise
Lui
Le chantier s’arrête brutalement.
Plus assez de moyens.
Plus assez de contrats.
On s’est emballés.
Mais j’ai déjà retrouvé une mission d’intérim pour la semaine suivante.
En attendant : une semaine libre.
Une semaine entière.
Elle me dit qu’elle met les enfants chez leur père.
Qu’elle va passer la semaine avec moi.
Je crois que je n’ai jamais été aussi heureux.
Une semaine complète.
Sans courir.
Sans se cacher.
Elle
Il a une semaine.
Libre.
C’est une opportunité.
Les enfants iront chez leur père.
Moi, je serai chez lui.
Je vais essayer d’y croire.
Pour de vrai.
La veille de partir, mon “meilleur ami” vient à la maison.
Le musicien. Le cousin du compagnon de ma meilleure amie.
Je lance une visio.
On est tous les trois.
Je veux voir comment ils se jaugent.
Je veux tester quelque chose.
Lui
Il me regarde comme s’il me passait au scanner.
Il pose des questions anodines.
— Tu viens d’où ?
— Tu joues de la musique depuis longtemps ?
— On s’est peut-être déjà croisés en concert ? À une jam ? J'ai l'impression de te connaître.
Je sens qu’il cherche à me situer.
À me mesurer.
Et puis sans raison, elle lâche :
— Moi je suis prude.
Elle sourit.
Un sourire immense.
Provocateur.
Il éclate de rire.
— Toi ? Prude ? Arrête…
Elle glousse.
Un rire complice.
Un rire de souvenir partagé.
Je le regarde.
— Tu m’as l’air bien informé.
Il ne répond pas.
L’appel se termine.
Je reste avec une sensation désagréable.
Plus tard, elle m’envoie une vidéo.
Elle danse la salsa avec lui.
Elle le regarde intensément.
Trop intensément.
Je ne suis pas jaloux de nature.
Je ne l’ai jamais été.
Mais avec elle…
C’est différent.
Je lui ai dis un jour :
— Tu sais que tu es jalouse à en mourir ?
Elle s'est figée.
— Tu m’as déjà soupçonné de coucher avec des cousines à moi. Avec des amies. Avec n’importe qui.
C’est vrai.
Elle me l’a déjà dit.
À demi-mot.
Avec un rire nerveux.
Comme si c’était une blague.
Mais ça n’en était pas une.
Elle m’a imaginé avec des femmes que je connais à peine.
Elle m’a prêté des liaisons que je n’ai jamais eues.
Elle me regarde parfois comme si j’étais coupable.
Moi, je n’ai jamais donné la moindre raison.
Jamais.
Je suis fidèle.
Je l’ai toujours été.
Elle
Oui.
Je suis jalouse.
Mais je ne l'assume pas.
Violente intérieurement.
Parce que je sais très bien que les autres femmes ont bien plus à donner que ce que j'ai à donner.
Elles sont pour la plupart vraies dans leurs relations et leurs sentiments.
Je l’imagine avec d’autres femmes.
Avec des cousines.
Avec des amies.
Avec n’importe qui.
Pourquoi ?
Parce que je sais ce que moi je fais.
Je sais comment ça marche.
Je sais comment un regard devient un baiser.
Comment un baiser devient une nuit.
Alors je projette.
Je suppose.
Je surveille.
Quand je lui envoie la vidéo de salsa, je sais ce que je fais.
Je veux qu’il sente la menace.
Je veux qu’il comprenne qu’il n’est pas le seul.
Je veux qu’il ait peur.
Un peu.
Parce que la peur attache.
Parce que la jalousie rend amoureux.
Parce que la concurrence rend précieux.
Et pourtant…
Il m’offre une semaine entière.
Une vraie place.
Une vraie stabilité.
L'occasion d'enfin construire pour de vrai à deux.
Je pourrais arrêter.
Je pourrais choisir.
Je pourrais être honnête.
Mais au lieu de ça…
Je continue à provoquer.
À tester.
À mettre du feu.
Et il reste.
Toujours.
Encore plus accroché.

L'attente des jours meilleurs
La semaine promise s'étire devant eux, lourde de toutes les espérances et de toutes les appréhensions. Pour l'un, elle est le symbole d'un nouveau départ, la promesse d'une reconstruction. Pour l'autre, elle est une toile vierge sur laquelle peindre de nouvelles illusions, un terrain de jeu pour des machinations finement orchestrées. Chaque jour qui passe révèle la complexité des sentiments et l'ambiguïté des intentions.

Les promesses murmurent, les doutes grandissent
Au fil des heures, des paroles douces et des gestes tendres semblent cimenter un amour renaissant. Pourtant, des fissures imperceptibles commencent à apparaître. Un regard fuyant, une explication trop parfaite, un silence pesant... Autant de signaux faibles qui trahissent une vérité plus sombre, une manipulation insidieuse qui prend racine sous la surface. Le lecteur est invité à déchiffrer ce qui se joue réellement, à percevoir les fils invisibles de cette toile tissée avec soin.

Le point de bascule silencieux
Ce chapitre représente un moment charnière, non pas par un événement fracassant, mais par l'accumulation subtile de micro-événements qui scellent un destin. C'est la semaine où les fondations de l'illusion sont renforcées, mais aussi celles où la graine de la désillusion est plantée, prête à germer. Après cette lecture, un sentiment d'appréhension devrait s'installer, une conscience aiguë de la fragilité de toute promesse construite sur du sable. La réflexion principale serait sur la nature de la confiance et les signes avant-coureurs de la tromperie.
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