Chapitre XIII - Happy birthday

Lui


Je rentre du travail plus tôt que d’habitude.
Je me douche.
Je reste en sous-vêtements.
Je n’ai pas encore eu le temps de m’habiller quand on sonne.
Mon cœur accélère.
J’ouvre.
C’est elle.
On ne parle pas.
On ne parle jamais quand c’est comme ça.
Elle se jette sur moi.
Ses mains.
Sa bouche.
Son urgence.
Comme si rien n’avait existé avant.
Pas la dispute.
Pas son silence.
Pas sa nuit avec lui.
Je ne pose pas de question.
Je veux juste que ça existe encore.
Et comme à chaque crise... On fait l'amour plutôt que de parler.
On avait pourtant dit qu'on parlerait...


Elle


Je lui saute dessus immédiatement.
Comme ça, pas besoin de parler d’hier.
Pas besoin de lui dire que je n’ai pas fait que boire avec mon ex.
Je lui ai montré ses cadeaux.
Tous.
Les lettres.
Les chansons.
J’ai lu ses mots à voix haute.
J’ai vu la tête de l’autre quand je lui ai dit :


— Tu vois. Tu ne feras jamais mieux.


Le pauvre.
Il croyait que c’était reparti.
Qu’il allait me récupérer.
Maintenant il va tenter de faire mieux.
Je vais être couverte de cadeaux pour mon anniversaire.
C’est formidable.
Tout le monde croit que je vais mal.
Personne ne sait que je suis ici.
Que je suis déjà revenue.
Que j’ai déjà gagné.


Lui


Après, on reste allongés.
Je caresse ses cheveux.
Je demande doucement :


— Pourquoi tu avais besoin de boire avec lui ?


Elle hésite.
Puis elle dit :


— d'accord je vais te dire puisqu'on a dit qu’on se dirait tout.


Elle baisse les yeux.


— J’ai répondu à des annonces d’appartements.
— Mais personne ne veut de moi.
— Je suis une mère célibataire.
— Les appartements sont pour des couples.


Sa voix tremble.


— Je vais devoir rester là-bas.
— Et ça me tue.
Je la serre contre moi.
Je veux la sauver.
Encore.


Elle


Je respire.
Je continue.


— J’ai un cadeau d’anniversaire pour toi.


Il me regarde.


Je souris.


— J’en ai parlé avec ma mère.
— Elle m’a donné sa bénédiction.

- Elle a dit que c'est la meilleure chose à faire si on s'aime.


Je marque une pause.


— Je veux qu’on vive ensemble.


Je vois son visage s’illuminer.
Il est fou de joie.
Dans ma tête, je pense :
Pourquoi j’ai dit ça.
Mais il a un CDI maintenant.
Peut-être qu’il trouvera une belle maison.
Peut-être que ce sera confortable.
Peut-être que je peux recommencer.


Lui


Je suis heureux.
Heureux comme jamais.
Puis je pense à la photo.
Aux cœurs.
Aux noms que je ne connais pas.
Je demande :


— Les hommes qui mettent des cœurs sur tes photos…


Elle se ferme immédiatement.


— Tu ne recommences pas.


Sa voix devient dure.


— Ce sont des amis.


Elle détourne le regard.


— Ils sont contents d'avoir de mes nouvelles via des photos de profil vu que je n'en change pas souvent.


Je m’excuse presque.
Je ne veux pas gâcher ça.


Elle


S’il savait.
Deux au moins.
Ils ont couché avec moi.
Récemment.
Je souris.
Comme si de rien n’était.


Lui


Le soir, on mange une soupe.
Des tartines.
On fait l’amour.
Encore.
Puis on s’endort.
Elle est là.
C’est tout ce qui compte.


Lui


Le matin, mon réveil sonne.
36 ans.
Elle ouvre les yeux.
Elle sourit.


— Joyeux anniversaire.


Elle m’embrasse partout.
Elle murmure qu’elle m’aime.
Je lui demande :


— Tu sais ce qui me ferait plaisir ?


Elle attend.


— Que tu m’aimes sincèrement.
— Que tu fasses le ménage autour de toi.
— Plus d’ex.
— Plus rien.
— Qu’on vive ensemble.
— Toute notre vie.


Elle sourit.
Mais elle ne répond pas vraiment.
Elle dit :


— Tu vas mourir avant moi.


Elle rit doucement.


— Ton travail est dangereux.
— Je serais anéantie si je te perdais.


Et j'ai envie d'y croire...
Et je lui dis :


— J’aimerais que tu m’écrives une lettre.
Elle relève la tête.


— Une lettre ?


— Oui.


Je souris un peu.


— Comme moi je l’ai fait.
— Que tu écrives tout ce que tu ressens.
— Tout ce que tu veux.
— Tout ce que tu vois pour nous.


Je marque un silence.


— Ce serait le plus beau cadeau.


Elle


Je grimace légèrement.


— Non…
Je baisse les yeux.
— Moi je ne sais pas faire ça.


Je hausse les épaules.


— Je ne sais pas écrire sur ce que je ressens.


Je dis ça comme une évidence.
Comme une incapacité.


Lui


Je reste silencieux.
Parce que je me souviens.
Elle l’a déjà fait.
Des messages immenses.
Des déclarations infinies.
Des mots plus forts que les miens.
Alors je me demande.
Est-ce que c’était du flan ?
Est-ce que c’était juste…
un rôle ?
Je ne dis rien.
Je la regarde.


Elle


Je vois dans ses yeux qu’il est déçu.
Alors je souris.
Je murmure :


— Moi je montre comment j’aime.
Je me rapproche.
— Je le prouve par des actes.


Je passe sous la couverture et lui fait une fellation.
Je garde le contrôle comme ça.
Je l'endors comme ça .
Je lui fais oublier les conflits comme ça.
J'évite le dialogue et les compromis comme ça.
Je le fais douter de la réalité comme ça.

Lui


Je ferme les yeux.
Je comprends immédiatement.
Évidemment.
Elle règle tout comme ça.
Elle montre tout comme ça.
Le sexe.
Toujours le sexe.
Comme une réponse.
Comme une preuve.
Comme un langage.
Je me dis :
Elle ne parle pas.
Elle fait.
Elle ne dit pas.
Elle donne son corps.
Je sais que ça ne répond pas à ma question.
Je sais que ça ne remplace pas des mots.
Je sais que ça ne construit rien.
Mais je la laisse faire.
Parce que j’aime ça.
Parce que je l’aime.
Et parce que, à cet instant,
je préfère sentir
plutôt que comprendre.

Lui


Plus tard, je pars travailler.
Je suis sur un nuage.
Elle m’envoie des photos.
Mon pull Bowie qu'elle porte.

Des photos marrantes avec les chats.
Son sourire.
Je crois en nous.
Encore.


Elle


Je me promène.
Mini-jupe.
Le soleil.
Les regards.
Tous ces regards.
Je pourrais.
Je pourrais en choisir un.
Maintenant.
Tout de suite.
L'emmener chez lui.
Il n’en saurait rien.
Je ne le fais pas.
Pas aujourd’hui.
Mais je parle.
Je réponds.
Je garde les portes ouvertes.
Toujours.


Lui


Je rentre plus tôt.
Elle est là.
Magnifique.
Le soir, je sors la raclette.
Le vin.
Elle rit.


— C’est la meilleure raclette de ma vie.Tu es le meilleur.


Elle me dit qu’elle m’aime.
Encore.
Elle m’offre un collier.
Œil de tigre.
Je suis touché.
Profondément.


Elle


J’ai encore envie de boire.
Il dit non.
Puis il cède.
Comme toujours.
On regarde un film.
On s’aime.
Je lui fais des promesses.
Je les crois.
Sur l’instant.
Comme toujours.


Lui


Je m’endors contre elle.
Je me dis :
C’est le meilleur anniversaire de ma vie.
Je ne sais pas encore
que ce n’est qu’un mirage.

Les vœux murmurés, les promesses brisées

Dans l'éclat des bougies et les chants joyeux, des murmures à peine audibles portent le poids de promesses non tenues. Cet anniversaire n'est pas seulement une fête, c'est une scène où les personnages jouent leurs rôles à la perfection, chacun portant un secret qui menace de briser l'équilibre précaire de leurs vies. Quels sont les véritables souhaits formulés ce soir-là, et quelles réalités déchirantes se cachent derrière les sourires forcés ?

Le cadeau empoisonné de la vérité

Parfois, le plus beau des cadeaux se révèle être le plus dangereux. Au milieu des festivités, un détail, une conversation interceptée, ou un regard fugace peut déclencher une prise de conscience brutale. Ce chapitre révèle comment une vérité longtemps dissimulée commence à percer, agissant comme un poison lent qui ronge les fondations d'une relation déjà fragile. Préparez-vous à la révélation d'une facette inattendue de nos héros.

Le compte à rebours avant la chute

Cet anniversaire, loin d'être un moment de joie pure, est le catalyseur qui précipite les événements vers le grand effondrement. Chaque échange, chaque geste, chaque non-dit tisse la toile de la manipulation et du mensonge, rapprochant inexorablement les personnages de leur destin. Ce chapitre est une étape cruciale, un point de non-retour qui scelle le sort de l'amour, de la confiance et de l'illusion.

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