Chapitre XIV - Promenons-nous dans les bois
Lui
On ne met pas de réveil.
Pour la première fois depuis des semaines, je me permets de dormir sans peur.
Sans ce vide au ventre.
Sans ce doute.
Quand j’ouvre les yeux, la lumière est déjà haute.
Elle est contre moi.
Sa jambe passée sur ma cuisse.
Ses cheveux étalés sur mon torse.
Elle respire lentement.
Paisiblement.
Je la regarde longtemps.
Je me dis que c’est peut-être ça, la vie normale.
Je bouge à peine pour ne pas la réveiller.
Mais elle ouvre les yeux.
Elle sourit.
Un sourire d’enfant.
On ne parle pas.
On n’a pas besoin.
On se rapproche.
On s’embrasse.
Doucement d’abord.
Puis plus longtemps.
Comme pour vérifier qu’on est encore là.
Ensemble.
Après, on reste enlacés.
On ne regarde même pas l’heure.
Rien n’existe en dehors de ce lit.
On fait l'amour.
Elle
Il me regarde comme si j’étais un miracle.
Je connais ce regard.
Je l’aime.
Il me nourrit.
Il me rassure.
Je me sens importante.
Unique.
Peut-être que je pourrais rester là pour toujours.
Peut-être.
Ou peut-être pas.
Mais pour l’instant, je le crois.
Lui
On finit par se lever.
On prend une douche ensemble.
L’eau est chaude.
La buée envahit la pièce.
Je la regarde sous l’eau.
Sans maquillage.
Sans rôle.
Juste elle.
Je me dis que je suis l’homme le plus chanceux du monde.
Après, je prépare le pique-nique.
Le thermos de thé.
Le pain.
Le fromage.
Quelques fruits.
Je veux que cette journée soit parfaite.
Elle
Je le regarde faire.
Il est concentré.
Appliqué.
Il vit pour ces détails.
Pour moi.
Je vois le petit couteau posé sur la table.
— C’est quoi ?
Il sourit.
— Pour les champignons.
Il me le tend.
Un Opinel.
Simple.
Beau.
Je souris.
— Encore un cadeau…
Je secoue la tête.
— Tu dois arrêter…
Je marque une pause.
— On ne m’a jamais autant gâtée.
Et c’est vrai.
Personne n’a jamais fait autant.
Jamais.
Lui
On roule longtemps.
La route traverse les champs.
Puis les bois.
Je cherche un coin parfait.
Je veux qu’elle découvre ça.
Quand on se gare, l’air est froid.
Pur.
On marche.
Le sol est humide.
Les feuilles craquent sous nos pieds.
Elle est derrière moi.
Elle râle un peu.
Elle rit.
Elle glisse presque.
Je me moque gentiment.
Elle me pousse.
On cherche.
On regarde partout.
Mais il n’y a rien.
Pas un seul champignon.
Je suis déçu.
Ridiculement déçu.
J’avais déjà imaginé le dîner.
Elle le voit.
Alors elle passe devant moi.
Elle se retourne.
Son regard change.
Et soudain, ce n’est plus la forêt qui compte.
Elle
Je vois sa déception.
Je peux la faire disparaître.
Je sais comment.
Je passe devant lui.
Je le regarde.
Je veux voir ses yeux changer.
Et ils changent.
Comme toujours.
Je me mets contre un arbre , je baisse mon pantalon et je lui dis de me prendre.
Lui
Après, on reste allongés un moment.
Le ciel au-dessus de nous.
Les branches.
Le silence.
Je lui demande :
— C’est la première fois que tu fais ça en forêt ?
Elle répond :
— Non.
Naturellement.
Je souris.
Puis je demande :
— Avec qui ? Tu as vraiment tout fait en fait... Madame la prude
Elle se ferme immédiatement.
— Ne pose pas de questions si c’est pour être jaloux.
Je regrette instantanément.
Je me tais.
Je ne veux pas briser ça.
Lui
On reprend la voiture.
On roule sans destination.
On voit un panneau.
Un sentier.
On marche.
On arrive devant les ruines d’un vieux château.
C’est magnifique.
Je filme.
Je veux garder une trace.
Elle refuse.
— Pas moi.
Elle secoue la tête.
— Personne ne doit savoir.
Je ne comprends pas vraiment.
Mais je respecte.
Toujours.
Elle
Personne ne doit savoir.
Pas encore.
Je dois garder les portes ouvertes.
Toutes les portes.
Au cas où.
Elle
Dans la voiture, sur le chemin du retour, je le regarde conduire.
Ses mains.
Sa concentration.
Je pose ma main sur lui.
Je sens que le désir revient.
Encore.
Toujours.
Dans ma tête :
Qu’est-ce qui ne va pas chez moi…
Plus j’en ai…
Plus j’en veux.
C’est incontrôlable.
Je me caresse la poitrine je cambre mon corps je lui touche l'entrejambe.
Je répète son prénom de façon sensuelle en le regardant avec un regard brûlant.
Lui
Je pourrais m’arrêter.
Tout arrêter.
Mais je veux prolonger la journée.
Alors je ris.
Je dis :
— Pas ici.
— Pas maintenant.
Elle fait semblant d’être vexée.
Puis elle dit :
— Je veux un chocolat chaud.
Lui
Au supermarché, je prends tout.
Le chocolat.
La chantilly.
On retourne à la voiture.
On rentre chez moi
On met de la musique.
On mange du gâteau à la cannelle.
Elle rit.
Elle chante.
Je la regarde.
Je voudrais figer ce moment.
Pour toujours.
Elle
Il me regarde comme si j’étais l’amour de sa vie.
Peut-être que je le suis.
Pour lui.
Et peut-être que ça suffit.
Lui
On rentre.
On ne voit pas le temps passer.
La lumière disparaît.
Le monde disparaît.
Il n’y a plus que nous.
Et je me dis
que c’est le plus beau lendemain d’anniversaire
que j’ai jamais vécu.

L'appel de la forêt : une trêve ou une tentation ?
Le doux murmure du vent dans les feuilles, la lumière filtrant à travers la canopée... ce cadre idyllique promettait un répit. Pourtant, chaque pas dans ce dédale vert recèle une tension palpable, un secret non dit qui attend son heure pour éclater. La promesse d'une connexion sincère se heurte aux ombres persistantes du passé, révélant la complexité de cette histoire d'amour, de manipulation et d'effondrement.

Entre les arbres : vérités chuchotées et silences lourds
Les conversations s'enchaînent, tantôt légères, tantôt chargées d'une gravité inattendue. Un regard, une phrase inachevée, une main effleurée… chaque détail prend une nouvelle dimension au milieu de cette nature sauvage. Quel est le véritable enjeu de cette promenade ? Une confession inattendue, une manipulation subtilement orchestrée, ou une nouvelle faille dans les remparts érigés par le mensonge et la tromperie ? Ce moment clé insuffle une dynamique nouvelle à l'intrigue, poussant les personnages vers leur effondrement inévitable.

Le labyrinthe des émotions : se perdre pour mieux se trouver ?
Le chemin du retour semble plus long, chargé d'une nouvelle compréhension, ou d'une angoisse renouvelée. La forêt, témoin silencieux, a-t-elle offert une clarté ou une confusion supplémentaire ? Ce chapitre marque un tournant, une étape où les fondations de ce qui semblait stable commencent à trembler plus violemment encore, menant inexorablement vers la chute finale. C'est ici que les liens se renforcent ou se brisent, révélant la profondeur de la manipulation en jeu.
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