Chapitre VI - La boîte à offrandes
Lui
Je travaille encore.
Rénovation intérieure.
Enduit, peinture, ponçage.
Au centre-ville.
La fenêtre est ouverte sur la rue.
Les gens passent.
Ils rient.
Ils vivent.
Moi je reste devant un mur.
Je recommence la même bande trois fois.
Je me trompe dans les mesures.
Je laisse tomber la taloche.
Je ne suis plus là.
Je pense à elle tout le temps.
Je n’avance plus.
Lui
Mon anniversaire arrive.
Le sien quelques jours après.
Je décide de lui faire un cadeau.
Pas un cadeau pour la récupérer.
Un cadeau pour dire :
c’était vrai.
Lui
Avant même de préparer la boîte,
je fais envoyer un immense bouquet de fleurs.
Puis plusieurs cartes postales.
Une.
Puis une autre.
Puis encore une.
Des phrases d’amour.
Des citations.
Des aveux.
Elle ne répond pas.
Rien.
Pas un message.
Pas un mot.
Silence total.
Je continue quand même.
Lui
Je commence à enregistrer des reprises.
Celles qu’elle aime.
Celles qu’on écoutait nus toute la journée.
Celles qu’on chantait en voiture.
J’en fais une.
Puis dix.
Puis vingt.
Puis plus de cinquante.
Je recommence quand ce n’est pas parfait.
Je ne mange presque plus.
Je dors à peine.
Je rate des chantiers.
Je finis par arrêter d’y aller.
Je n’y arrive plus.
Lui
Je commande une boîte en bois.
Je la fais graver :
Songs for Her
Une clé USB en bois assortie.
Dessus :
— plus de cinquante reprises
— un montage vidéo de nos souvenirs
— une longue lettre vocale
— une vidéo où je joue pour elle
J’y mets le billet pour la comédie musicale
avec l’intégrale CD de toutes ses versions.
Une marinière rouge.
Une lettre de trente-et-une pages.
Une page par année qu’elle va avoir.
Le DVD de Un homme et une femme.
La bossa nova.
L’été.
Nous.
Un émetteur bluetooth pour voiture
pour qu’elle écoute la musique correctement.
Plus d’une centaine de post-it colorés
avec des mots d’amour.
Une tasse David Bowie.
Une bague avec une pierre rose.
La carte postale ancienne du château
de notre premier week-end.
Des cartes postales imprimées
avec des citations d’amour.
Sur l’une, ma photo.
Je me vois.
J’ai maigri.
Mes yeux sont tristes.
Un t-shirt Fleetwood Mac.
Un livre d’Olivia Ruiz
pour qu’elle découvre l’autrice.
Le 45 tours de Escape (Pina Colada Song)
notre jeu idiot pour contaminer l’autre.
Son portrait, dessiné maladroitement.
Des confettis en forme de cœur.
Un pull à moi
qu’elle adorait
et que moi je n’aimais pas.
Je l’ai porté trois semaines
pour qu’il garde mon odeur.
Un très long poème.
Et le flacon à moitié plein
de Habit Rouge Privé.
Introuvable maintenant.
Comme nous.
Elle
Les fleurs arrivent.
Les cartes arrivent.
Je vois son nom.
Je ne réponds pas.
Je ne dis rien.
Je laisse.
Je tente de renouer avec celui avec qui je vis.
Je fais du ménage chez des retraités.
Je déteste.
C’est salissant.
C’est réel.
Je ne suis pas faite pour ça.
Je couche aussi avec mon “meilleur ami”.
Avec des amants de passage , rapidement , à l'arrière de ma voiture.
Je dis à ma meilleure amie et à tout mon entourage
que je suis détruite par cet homme
Que je m'isole de plus en plus.
Tout le monde me croit.
Je ne réponds pas à ses fleurs.
Je ne réponds pas à ses cartes.
Lui
Je ferme la boîte.
Chaque objet est une preuve.
Pas pour la récupérer.
Juste pour qu’elle comprenne
que pour moi
c’était immense.
Je regarde le colis.
Son nom écrit dessus.
Et j’attends la date pour l’envoyer.

Les murmures du passé
Ce chapitre dévoile les premières fissures dans l'édifice des illusions. La boîte à offrandes n'est pas qu'un objet, c'est un catalyseur, un témoin silencieux de promesses oubliées et de mensonges habilement tissés. Ses murmures rappellent que rien n'est jamais vraiment effacé, et que chaque offrande a un prix, souvent bien plus lourd que prévu. Une étape cruciale où le passé refait surface avec une force inattendue, menaçant de déstabiliser tout ce qui semblait acquis.

Le poids des révélations
Les révélations contenues dans la boîte à offrandes ne laissent personne indifférent. Elles provoquent un sentiment mêlé d'anxiété et de fascination, poussant les personnages à se confronter à leurs propres démons et aux conséquences de leurs actes. Ce chapitre est une plongée dans les émotions complexes et souvent contradictoires, où la vérité est à la fois libératrice et destructrice. Chaque ligne vous rapprochera de la compréhension de cet effondrement annoncé, rendant palpable la tension et l'imminence du drame.

Un destin en équilibre
La découverte de la boîte à offrandes sert de point de bascule, propulsant l'intrigue vers de nouveaux horizons sombres. Les événements de ce chapitre ne sont pas seulement des révélations, mais des engrenages essentiels qui mettent en marche la machine de la fatalité. Les choix, les mensonges et les vérités cachées convergent, tissant une toile complexe qui déterminera la suite des événements et rapprochera inévitablement les personnages de l'effondrement final. Le destin est en équilibre, et la boîte à offrandes est le poids qui le fera pencher.
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